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L’épopée Ackerman

Le couple de modestes Bruxellois qui donne le jour le 24 juin 1790 au jeune Jean-Baptiste ne s’imagine pas qu’ils deviennent les parents d’un talentueux entrepreneur. Issu de grands-parents agriculteurs, ce n’est donc pas tout à fait un hasard si, un peu après vingt ans, aux alentours de 1811, au terme de nombreux voyages, le garçon s’installe en France dans le riche terroir de Saumur. Le choix de Saumur, ce sont d’abord des conditions géologiques propices : le terroir saumurois, avec son sol crayeux dominé par le tuffeau, donne aux vins une tendance naturelle à prendre mousse ; mais également une conjonction de nombreux autres facteurs favorables, comme la présence de voies fluviales qui facilitent le transport, des liaisons aisées avec la Touraine permettant un approvisionnement en vins et une main d’œuvre importante.

En 1811, âgé de seulement 21 ans, Jean Baptiste Ackerman fonde la Maison qui porte encore son nom. En quelques années, il développe donc un fructueux commerce de négoce de vins. Devenu un notable influent toujours à la pointe du progrès, ce self-made man, conscient de l’importance des transports, participe même en 1840 au développement du chemin de fer dans l’Ouest : en 1849 la ligne Paris-Saumur voit le jour. Même si l’on met 10 heures pour aller à Paris, la carte de France de l’époque montre la précocité ferroviaire de Saumur, qui fait partie des rares villes desservies en 1850.

Après quelques années à commercialiser des vins tranquilles et à affiner ses connaissances des cépages et terroirs du Val de Loire, il se lance un défi : élaborer des vins à fines bulles à partir des cépages du Saumurois.

 

La « méthode champenoise »

Jean Baptiste travaille d’arrache-pied pour élaborer une méthode qui utilise la capacité des vins de Saumur à devenir effervescents. : sa fameuse méthode traditionnelle. En 1838, il obtient la reconnaissance de la Commission de Dégustation de l’exposition d’Angers comme étant le premier producteur capable de développer la méthode traditionnelle dans le Val de Loire, il recevra une médaille d’or, la première d’une longue série. Cette rivalité avec la méthode champenoise, telle qu’elle est instituée de longue date en Champagne, l’entraîne dans un long procès qui continuera après sa mort le 10 janvier 1866. Aujourd’hui encore, en héritage de cette longue bataille, les Vins de Saumur, pour décrire leurs bulles, doivent faire figurer sur leur étiquette non pas « méthode champenoise », mais « méthode traditionnelle ».

Innovateur, il effectue, en 1863, le dépôt auprès du greffe du tribunal de Saumur d’un bouchon de liège sur lequel il a eu l’idée d’apposer le nom de sa maison. Moderne en tous points, il ne néglige pas d’utiliser d’une façon intensive la publicité. Des photos, des affiches : « Pas de joyeux dîner de chasse sans l’Ackerman-Laurance Dry-Royal ».

Paris, le 31 octobre 1855

Emilie ma bien aimée,
Quelle joie, je viens d’apprendre que les membres du jury viennent de décerner la médaille d’or de l’Exposition Universelle de Paris à notre dernière cuvée. La compétition fut rude. Mais le jury, malgré les remontrances des grandes maisons de Champagne, a décidé en son âme et conscience de nous décerner le premier prix. Cela nous fera une publicité sans pareille, surtout auprès de notre clientèle britannique. Il m’est venu à l’idée d’offrir à cette cuvée d’exception une dénomination originale : nous pourrions l’appeler la cuvée « Royal », une marque aussi bine compréhensible en français comme en anglais. Qu’en pensez-vous ? En ce jour de grand bonheur, j’ai une pensée émue pour vous, qui avez passé l’essentiel de votre existence à me seconder, bien souvent dans le malheur et l’incertitude. Je pense également à Albert, Marthe et Marie, qui ne sont plus là pour partager notre joie.

Votre Jean Baptiste

Un patrimoine en héritage, des caves troglodytiques

En 1840, Jean Baptiste acquiert des caves troglodytiques sur les bords du Thouet, une rivière qui se jette dans la Loire, fleuve le plus long de France et principal axe de circulation des marchandises à cette époque. Ces caves sont devenues un symbole de l’enracinement de la Maison Ackerman dans un terroir unique en France et dans le monde, jalonné de châteaux et de vignobles, a été reconnu par l’UNESCO qui l’a inscrit sur sa liste du patrimoine mondial de l’humanité.

Les caves sont optimales pour stocker et pour élaborer ses vins « de mousse » : température fraîche et constante, taux parfait d’hygrométrie, faible luminosité, grande capacité de stockage. Avec Jean Baptiste Ackerman, les caves troglodytes trouvent une seconde vie et deviennent le lieu de production et de commercialisation typiques des vins à fines bulles du Val de Loire. Les maisons de vins mousseux se multiplient dès le milieu du XIXe siècle et s’installent de part et d’autres des caves Ackerman.

Ces caves sont le cœur d’une nouvelle activité économique et sont de véritables manufactures où hommes et femmes, au savoir-faire unique, à la lueur des bougies, tirent le vin, tournent, dégorgent, musellent et étiquettent les bouteilles de vins à fines bulles qui s’exportent dans le monde entier.

Voir Ackerman en images

 

 

Les caves témoignent aujourd’hui de l’activité quotidienne des ouvrières et des ouvriers des maisons de vins jusqu’au milieu du XXe siècle. Elles sont un élément de premier plan dans le paysage naturel et industriel du Saumurois et constituent un patrimoine unique aux bords du plus long fleuve de France, classé au patrimoine mondiale de l’humanité : la Loire .

Les caves de la Maison Ackerman ne sont plus le lieu de production de nos vins mais elles demeurent l’âme de l’entreprise. Lieux de mémoire et d’histoire  à découvrir , les caves sont aussi un espace de convivialité avec sa résidence d’artistes contemporains, ses événements et spectacles et son cellier où vous pourrez déguster toute la palette de de fines bulles à l’effigie de la Maison Ackerman.

Une visite multi-sensorielles au cœur des caves.

 

A la conquête du monde !

Jean Baptiste Ackerman réussit le tour de force de faire de sa marque-phare, Royal, une référence reconnue dans le monde entier. Les bouteilles de vins à fines bulles Ackerman sont alors sur les grandes tables du monde entier.

Son fils Louis-Ferdinand, qui prend les rênes de la Maison à la fin des années 1860, poursuit l’action initiée par son père et profite du développement fulgurant du commerce mondial pour porter toujours plus haut les couleurs de la Maison qui porte son nom. Des années 1870 aux années 1910, la Maison Ackerman poursuit son ascension fulgurante.

Grâce à Jean Baptiste, son fils peut compter sur et développer un réseau savamment tissé de clients fidèles et d’ambassadeurs de la marque. Les vins de la Maison Ackerman acquièrent ainsi une reconnaissance qui ne sera jamais démentie.

Être visible, un enjeu crucial

Si la Maison Ackerman se distingue dès son origine par une soif d’innovation permanente dans le domaine vinicole, elle se révèle également dans un domaine qui monte en puissance au fur et à mesure du XIXe siècle : la publicité.

Avec son flair habituel, Jean Baptiste identifie immédiatement la publicité comme un levier essentiel pour rendre visibles ses vins et sa Maison auprès du grand public. Ses efforts se portent d’abord sur la presse française et britannique. Les premiers encarts publicitaires apparaissent dans les journaux français en 1836, au moment même où Jean Baptiste réalise sa première cuvée de vins à fines bulles, primée deux ans plus tard à Angers.

Notre Maison a à cœur de préserver et de perpétuer ces valeurs de persévérance et de générosité chers à Jean Baptiste Ackerman et ses successeurs, depuis la culture de la vigne jusqu’à la commercialisation de nos vins. Une exigence de qualité que nous devons à l’implication quotidienne et la passion de nos vignerons, salariés et partenaires.

La Maison Ackerman, c’est une maison de vins historique, fondatrice de l’industrie des vins à fines bulles du Val de Loire et riche d’un patrimoine d’exception. Mais c’est aussi une entreprise du XXI siècle, tournée vers l’avenir. La Maison Ackerman ne saurait oublier ses racines saumuroises et les éléments vitaux sur lesquels reposent toute sa longévité et sa prospérité : ses vignerons, ses salariés et ses clients.